Revenons en Europe maintenant, de l’autre côté des Alpes où le parti communiste a été fondé le 21 janvier 1921. Antonio Gramsci, un de ses cofondateurs a fini sa vie en 1937 dans les prisons de Mussolini. Ses geôliers lui ont permis d’avoir du papier et un stylo et il en a fait bon usage car c’est dans sa cellule qu’il a défini le concept d’hégémonie de la bourgeoisie.
Le capitalisme domine par son hégémonie qui est une combinaison du pouvoir de contraindre par la police et l’armée et du pouvoir de convaincre par l’hégémonie culturelle. L’hégémonie culturelle conduit les classes populaires à adopter les intérêts des dominants en rendant évident ce qui ne devrait pas l’être. Par exemple :
- « Rien n’est jamais gratuit. »
- « Tout travail mérite salaire. »
- « L’oisiveté est mère de tous les vices. »
- « Il y aura toujours des riches et des pauvres. »
- « La compétition permet d’avoir de meilleurs produits. »
- « Il doit avoir raison et moi tort car il est diplômé de l’X. »
- « C’est normal qu’il gagne plus que moi car il est diplômé de l’Y. »
L’hégémonie culturelle est une boîte dont il faut sortir ! Comment ? Avec une utopie réaliste et cela rejoint ces mots que Raymond Aubrac a dit peu avant de mourir à des jeunes lors d’un rassemblement du CRHA (Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui) :
« Vous devez comprendre que nous ne nous battions pas seulement contre l’envahisseur nazi, nous nous battions aussi pour un idéal : mettre en place le programme du Conseil National de la Résistance. Ce qu’il vous manque à vous les jeunes d’aujourd’hui, c’est un projet utopiste pour le 21ème siècle. »
Nous avons besoin d’une utopie et de la foi qu’elle peut être réalisée car :
« L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. L’utopie d’hier peut devenir la réalité d’aujourd’hui. » Théodore Monod
Bien sûr, le système veut nous maintenir à l’intérieur de la boîte capitaliste, dans l’espace exigu où on ne le remet pas en cause. Hausse du SMIC, baisse de quelques heures du temps de travail, prime à l’énergie, baisse de la TVA, hausse des allocations, RIC, … Ce sont des avancées mais rien de tout cela ne remet en cause le système capitaliste.
Si on essaye de le remettre vraiment en cause, l’hégémonie culturelle fait que le contrevenant est marginalisé. Par le système ? Non, par d’autres prolétaires qui sont encore dans la boîte ! Le système a bien lavé les cerveaux de tout le monde comme le disent les zapatistes :
« Bon, le système est une gigantesque et brutale clinique qui « guérit » « l’anormalité ». Une machine qui attaque, isole et liquide l’autre, ou ce qui est différent. »
La même année est né un autre parti politique en Extrême Orient