LA COMMUNE DE PARIS

Paris, juin 1871. Dans une cachette pour échapper à la répression des versaillais, Eugène Pottier écrit l’Internationale. Revenons quelques mois en arrière.

Montmartre, 18 mars 1871, la troupe venue récupérer une cinquantaine de canons sympathise avec les parisienNEs qui s’y opposent. Les soldats mettent crosse en l’air et rompent les rangs. Thiers, le chef du gouvernement fuit, c’est le début de la Commune de Paris.

La Commune de Paris, c’est la démocratie directe, la fin du travail de nuit, l’émancipation des femmes, la séparation de l’église et de l’état, une école émancipatrice, etc.

affiche de propagande chinoise célébrant le centenaire de la Commune

C’est aussi la preuve que la bourgeoisie est prête à massacrer des milliers de personnes pour préserver ses privilèges.

Regardons de plus prêt la mise en place de la Commune, on retrouve ces quatre ingrédients :

  • un fort mécontentement populaire,
  • la présence d’une force armée du côté des révolutionnaires, la garde nationale, favorable à un droit de regard de la population sur son fonctionnement, qui a donc organisé des élections dès le lendemain du soulèvement,
  • la présence d’organisations politiques, le comité central républicain et l’association internationale des travailleurs, qui ont apporté leur savoir-faire.
  • un élément déclencheur

Ce sont les mêmes ingrédients que lors du soulèvement zapatiste du 1er janvier 1994 ! 

Un autre point commun est le soin apporté à la communication, à travers notamment le cri du peuple et des affiches sur tous les murs de Paris pour la Commune et à travers internet pour les zapatistes.

Une différence est que la force armée et l’organisation politique étaient une seule et même entité pour les zapatistes, l’armée zapatiste de libération nationale. Mais plus tard les deux rôles ont été clairement distingués.

Une autre différence est que les zapatistes ont choisi leur moment et s’y préparaient depuis dix ans alors que les événements du 18 mars 1871 ont été déclenchés involontairement par Thiers et sa tentative de saisir les canons de la garde nationale. La réaction populaire a surpris les révolutionnaires eux-mêmes. Mais ils étaient préparés par leurs organisations politiques et avaient même appelé à la formation de la Commune dès le 5 janvier pendant le siège de l’armée allemande (affiche rouge). Sans succès. Cela amène à citer Janet Biehl :

« [Selon Bookchin], les révolutionnaires doivent cesser de croire que les institutions révolutionnaires pourraient se former après la révolution, ou même au cours de l’insurrection. Au lieu de cela, les révolutionnaires devraient commencer a créer des institutions révolutionnaires dès maintenant. » 

Encore une autre différence est la réaction au soulèvement. En 1994, le pouvoir mexicain a réagi par la force. Le conflit a duré 12 jours et tué 150 à 200 soldats des deux côtés. Il s’est arrêté suite à la mobilisation de l’opinion publique mexicaine et internationale. Pas d’effusion de sang en 1871 (à part deux généraux et un garde national) suite à la fuite de Thiers (et de milliers de parisiens). Mais dès la fin du mois de mars, la guerre civile a commencé et s’est terminée par la semaine sanglante … Thiers a fait beaucoup d’effort pour couper la Commune du reste de la France alors que les journaux pro Versaillais n’étaient pas interdits à Paris.

Bien que la Commune de Paris n’ait pas donné le droit de vote aux femmes, elle a amélioré leur situation (interdiction de la prostitution, début d’égalité salariale, accès à l’éducation, divorce facilité) et en retour les femmes l’ont défendue courageusement jusqu’au bout. Parmi elles, Louise Michel, Elisabeth Dmitrieff, Victorine Gorget, Nathalie Lemel, Blanche Lefebvre et des milliers d’inconnues. 4000 sont tuées dans les combats lit-on dans wikipedia et beaucoup sont déportées. Mais la relève est assurée car cette année là née une révolutionnaire au parcours porteur de sens.