Peur du chômage, peur des migrants, peur de l’insécurité, peur du déclin, peur des autres, certains candidats à l’élection présidentielle surfent sur la peur. Et il n’y a pas qu’eux. S’il y a moins de monde dans les rues aujourd’hui pour manifester, c’est-à-cause de la peur, légitime, des violences policières.
La peur est bien pratique pour les dirigeants. Comme le dit Noam Chomsky :
« Plus vous pouvez accroître la peur de la drogue et du crime, des mères dépendant des allocations familiales, des migrants et des étrangers, plus vous contrôlez le peuple. »
Tout est bon à prendre, ainsi la peur des autres permet de dresser les classes populaires les unes contre les autres pour les contrôler et avoir les mains libres pour gouverner. On appelle ça « Diviser pour mieux régner ». Et ça marche : en distribuant un tract annonçant une assemblée populaire sur le logement, j’ai été pris à partie avec ces mots : « les logements, il y en a pour les roms et nous on nous fait payer le loyer ! » D’après mon interlocuteur, le problème du logement, ce n’est pas les 400 000 logements vides d’Île-de-france mais les roms. Bien pratique pour les spéculateurs …
Ce n’est pas toujours aussi subtil. Au Mexique, au Chiapas, des paramilitaires surarmés viennent de chasser 3000 personnes de leur village pour intimider toute la communauté zapatiste.
La peur est une force redoutable dont le président Franklin D. Roosevelt disait :
« La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même. »
À ce titre, c’est une cause racine, mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi la cause racine de la peur des autres est bien souvent l’ignorance.
« L’ignorance mène à la peur. La peur mène à la haine. La haine mène à la violence. Voilà l’équation » Averroès
Pour combattre la peur des LBD, il faut interdire les LBD. Pour combattre la peur des autres, il faut mieux les connaître. Parfois, cela permet de mieux les combattre. Bien plus souvent, cela permet de ne plus avoir peur d’elles et eux et de voir comment bâtir l’avenir ensemble.
« […] une personne et un peuple ne sont féconds que s’ils savent de manière créative s’ouvrir aux autres. […] Ainsi, la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre. » Pape François (Fratelli Tutti #41)