Le fléau de la spéculation immobilière : Les logement sont devenus des actifs financiers. Certains sont laissés vacants pour que la rareté leur fasse prendre de la valeur ! Plus souvent, ils sont loués avec airbnb ce qui est plus rentable et moins contraignant qu’un bail. Et cela provoque la gentrification : les classes moyennes doivent se loger toujours plus loin du centre ville ce qui enchérit les logements et chassent les classes populaires. La gentrification est un problème mais pas la cause racine qui est la spéculation donc la cupidité.
Le scandale des surfaces vides : Conséquence de la spéculation, 8 % des 35 millions de logements en France sont vides. Ils sont 400 000 rien qu’en Île-de-France. La loi de réquisition des bâtiments vacants de 1945 (loi Abbé Pierre) n’est pas appliquée tandis que la législation contre les squats est durcie. Et cette folie touche aussi les bureaux.
Une injustice sociale criante : 300 000 personnes dorment dans la rue en France dont 30 000 enfants.
Un impact écologique et climatique désastreux : Le secteur du BTP (Bâtiments & travaux Publics) est à la fois le premier consommateur de ressources naturelles et le premier producteur de déchets (plus de 70% des déchets). En France, la production annuelle de ciment est de 600 kg par personne et par an et génère 5% des gaz à effet de serre du pays.
Pour loger les milliards de personnes qu’il faut évacuer à cause du dérèglement climatique, il va falloir partir sur de meilleures bases !
Les logements individuels sont exclus : trop coûteux en énergie et en matières premières. Il faut des logements collectifs vraiment collectifs avec des espaces privatifs petits et des espaces communs grands : réception, bibliothèque, laverie, etc. Des cuisinettes chez soi et une grande cuisine collective. Pareil pour le salon. Des toilettes utilisant des eaux grises pour cesser de faire nos petits besoins dans l’eau potable. Un point de collecte du compost, des déchets et des récipients consignés avec un maître ou une maîtresse comme aujourd’hui dans les compostières. Et enfin, pourquoi pas un très grand parking à vélo voire une mini ruche Macauto pour avoir quelques véhicules partagés. Et pourquoi pas une infirmerie pour les petits bobos mais aussi pour le maintien à domicile des personnes agées ?
Car il s’agit de créer un habitat intergénérationnel où les jeunes de plus de 60 ans peuvent par exemple aider les jeunes parents à garder les enfants, à faire les devoirs, à raconter des histoires. Et vice-versa. Le capitalisme nous divise pour mieux régner car un peuple uni ne sera jamais vaincu. Cessons d’accepter d’être mis dans des boîtes !Tout cela évitera que des jeunes déscolarisés et des adultes dépressifs comme mes voisins Nataniel et Christian vivent reclus chez eux. Le premier est un adolescent qui a quitté l’école suite à un burnout et passe ses journées à faire des jeux vidéo. Le deuxième est proche de la retraite et vit du RSA. Il a une hygiène de vie déplorable (alimentation, tabac) et cela a des conséquences sur sa santé et sur son aspect physique. Il se trouve repoussant et ne sort plus de chez lui pour ne pas affronter le regard des autres. Un cercle vicieux. Je veux croire que ça arriverait moins s’il y avait des espaces communs qui ne soient pas juste la cage d’escalier et le local poubelle !
Certains espaces communs pourraient même être occasionnellement ouverts sur l’extérieur par exemple pour organiser une fête de village.
« Comme elles sont belles les villes qui, même dans leur architecture, sont remplies d’espaces qui regroupent, mettent en relation et favorisent la reconnaissance de l’autre ! » Laudato Si #152
Il s’agit de faire vivre l’adage décroissant :
« moins de biens, plus de liens ».
« Les repas partagés sont des moments délicieux : on goûte des saveurs différentes, il se tisse des choses, il y a des rencontres, des projets qui se montent. » Claire
Et comme l’a montré la vague de chaleur qui a frappé en juillet le nord-ouest des Etats-Unis et le Canada, il faut prévoir des logements qui restent vivables lorsqu’il fera 50°C à l’ombre. Et ce, sans utiliser beaucoup d’énergie, donc sans climatisation qui représente aujourd’hui 10% de la consommation électrique. Cela devrait occuper beaucoup de chercheurs dès maintenant.
Et la bonne nouvelle est qu’il n’y a presque rien à inventer …
Des techniques de climatisation naturelle existent depuis des siècles dans le monde arable et perse. Ce sont les constructions malqaf, qa’a et bad-ghir.
Des techniques de construction écologiques à partir de matériaux locaux et naturels existent mais restent marginales : c’est le … BTP (bois, terre, paille) que ce manifeste défend, le manifeste de la frugalité heureuse.
Et en Chine, il existe une architecture collective originale qui se rapprochent de cet idéal et qui défie le temps.
Ce sont les tulou Hakka de la province de Fujian en Chine !
- Leurs murs épais en argile protège du froid et de la chaleur (assez ?),
- Ils comportent de grands espaces communs,
- Certains ont 800 ans et ont résisté à plusieurs tremblements de terre,
- Ils peuvent abriter jusqu’à mille personnes.


Il faut en construire dans toutes les régions qui vont rester habitables. Pas sur des terres agricoles ou forestières bien sûr. En France, d’après l’Ademe, 150.000 hectares de friches industrielles attendent un avenir durable. De quoi construire des dizaines de milliers de Tulou. Et même des centaines de milliers en utilisant les parkings des centres commerciaux et à la place des centres commerciaux eux-mêmes ! Ce n’est pas de l’autoréduction DANS LES supermarchés qu’il faut faire, c’est de l’autoréduction DES supermarchés eux-mêmes ! Il y en a bien trop.