LES TRANSPORTS

L’automobile prend bien trop de place dans nos vies, dans nos villes, dans nos poumons, dans nos déchets comme le dit le texte Nationale 7 du blog XR. La vitesse libre outre-Rhin est un « patrimoine » qui fait honte à l’Allemagne d’autant plus qu’elle justifie que les voitures vendues dans TOUTE l’Europe puissent aller bien trop vite. Les moins rapides atteignent 160 km/h. 

Un vélo pèse environ 10 kg et peut transporter une personne de 100 kg ou plus. C’est un rapport 10 : dix fois plus d’humain que de véhicule. Le poids moyen des voitures neuves en France est de 1,2 tonnes et elles transportent en moyenne 1,6 personnes de 70 kg. Encore un rapport 10 mais dans l’autre sens ! Dix fois plus de véhicule que d’humain. Et c’est pire avec les véhicules électriques à batterie ou à hydrogène. Comment peut on croire qu’on va sauver le climat avec des tanks qui pèsent entre 1,5 et 2,5 tonnes et qui accélèrent comme des dragsters ?

Quelle différence d’émissions de gaz à effet de serre à l’usage entre une voiture électrique à batterie comme la Tesla Model S de 2,3 tonnes, une voiture électrique à hydrogène comme la Toyota Mirai de 1,9 tonnes et une voiture hybride comme la Toyota Prius de 1,5 tonnes ? Aucune comme je le dis dans cette présentation pour l’Association des Ingénieurs Chinois de l’Automobile en France (AICAF). En effet, 95% de l’hydrogène est brun et le kWh électrique moyen dans le monde a généré 500 g de CO2.

Dans cette présentation, je mets en avant la Renault Twizy et la Citroën AMI mais ces véhicules de 500 kg et seulement 2 places sont bien trop lourds et pas assez grands. Il faut diviser par 2 ou 3 le premier chiffre et multiplier par 2 ou 3 le second. Et alors on aura un véhicule acceptable à condition qu’il soit 100% recyclable y-compris et surtout sa batterie. Le bon rapport, ce n’est pas le rapport 10 dans un sens ou dans l’autre mais le rapport 1. Ce véhicule existe déjà presque, c’est bio-hybrid qui pèse moins de 100 kg et emmène deux passagers et des bagages à 25 km/h. Cette vitesse peut paraître faible mais elle représente cinq fois la vitesse de la marche à pied et deux fois la vitesse moyenne des voitures à Paris. Ce véhicule est muni de pédales qui non seulement augmentent l’autonomie mais aussi permettent de rester en forme. Pédaler 30 minutes par jour divise par deux les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires d’après cette étude.

Nous avons besoin de quadricycles avec quatre places au moins, une carrosserie en tissu comme le podride et une structure en bambou, une merveille végétale qui pousse vite et rivalise  avec l’acier en tenue mécanique ! La société CycliK fait des vélos ainsi.

 Et pourquoi pas le retour à la traction animale ?

image Le Bouseux Magazine

 Le carburant est trop cher ? Du fait que nous venons de passer le pic de pétrole non conventionnel, ça ne peut qu’empirer. Mais pas assez vite. On est encore loin du juste prix compte-tenu des millions d’années qu’il a fallu pour produire le pétrole, compte-tenu des dégâts sur l’environnement liés à son extraction et compte-tenu des dommages au climat.

Faut il encore des voitures d’une tonne voire des voitures autonomes ? Oui mais à plusieurs conditions. D’abord qu’elles soient électriques à batterie avec des batteries 100% recyclables en de nouvelles batteries. Ensuite qu’elles ressemblent davantage à une Mia Electric de 800 kg qu’à une Tesla Model X de 2,5 tonnes. Puis qu’elles soient autonomes grâce à une machine sympa qui rentrera en vélo après avoir livré la voiture. Enfin qu’il y en ait non pas dix mais cent fois moins. Aujourd’hui les voitures passent 95% de leur temps immobilisées et le temps de travail doit être considérablement réduit avec des emplois de proximité donc il est possible de diviser par cent le nombre de voitures. Comment partager ces voitures ? La réponse s’appelle Macauto.

« Si les voitures électriques sont des abeilles, MACAUTO réalise les Ruches et l’intelligence du système. » Patrick Hurpin 

Mais le seul véhicule du futur de masse, c’est bien sûr le vélo.

image Alex One

Des vélos électriques ? Oui à condition que les batteries soient 100% recyclables en de nouvelles batteries. Le moteur d’un vélo électrique développe 250 W et c’est la bonne puissance pour les 2-roues. Disons 500 W pour les vélos-cargos. Rappelons ici que l’homme développe 100 W en pédalant à 20 km/h. 500 W c’est donc cinq cyclistes ce qui est beaucoup ! Et pour les véhicules à quatre roues ? Pour eux, le modèle est la 2CV bien sûr ! Et deux chevaux, cela fait 1,5 kW (une puissance confortable qui représente trois fois bio-hybrid).

Et pour se rendre loin, rien ne vaut le train. Mais le train aussi peut progresser ! Un TER c’est 800 kg de matériel roulant par passager ! Encore le rapport 10 ! Et quand il circule vide comme je l’ai vu en allant à Villeneuve sur Yonne le 26 juin ? Ces monuments à roulettes que sont les trains doivent aussi se mettre au régime et rechercher le rapport 1.

Par ailleurs, un train qui roule à 200 km/h consomme deux fois moins qu’un train qui roule à 300 km/h. A-t-on besoin d’aller si vite ? Il est temps de prendre le temps tant qu’il en est encore temps.

Et l’avion ? 

Fin de partie pour l’avion ! On peut et on doit s’en passer. D’ailleurs 90% de l’humanité n’a jamais pris l’avion et 75% des voyages sont touristiques. L’avion est donc avant tout un jouet de riches. Un jouet responsable de 2,5 % des émissions de CO2 mais de 5% du dérèglement climatique compte-tenu des effets sur la haute atmosphère du passage d’un avion.

Se rendre à la COP 26 en prenant l’avion revient à aller voir un malade à l’hôpital pour lui donner du poison.

L’avion à hydrogène est une impasse tout autant que la voiture. Le kérosène de synthèse est une impasse. La seule solution est la sobriété. Quelle niveau de sobriété ? Simple, c’est lors du rapport Meadows qu’il fallait réagir et stabiliser le trafic aérien. Il faut donc revenir au niveau de 1972 soit réduire le trafic d’un facteur 10, au moins. 90% des humains n’ont jamais pris l’avion alors réduire de 90% le trafic aérien n’est que justice ! Cela fait encore 10 000 décollages par jour. Ça reste beaucoup ! Et pourquoi pas des avions beaucoup moins rapides si cela peut réduire la consommation ? Et pourquoi pas des avions en bois comme le Mosquito et l’Albatross de la société de Havilland ?

Pourquoi arrêter l’avion ne devrait plus être un débat

L’avion doit être réservé par exemple à ceux dont la la famille est de l’autre côté de l’océan et aux urgences : 

  • assistance humanitaire suite à catastrophe
  • transport médical
  • aller voir un parent très malade

Et le pétrole se raréfiant, il faudra probablement réduire encore.

Et les paquebots qui sont un autre jouet de riches très polluants et destructeurs pour le climat ? Ils devraient être utilisés uniquement pour des voyages aller simple pour les réfugiés climatiques. Plus de croisières ? Si, il peut y en avoir encore, mais en bateau à voile. Il est grand temps de redécouvrir le vélo, le train et le bateau à voile pour voyager et de partir en vacances pour 2 mois plutôt que pour 2 semaines ou un week-end.

Travailler moins permet de redécouvrir l’art de voyager et de prendre le temps de la rencontre qui est la seule chose qui compte.

« Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace. » Alexandra David-Neel

RETOUR