Le capitalisme est un système car il a un but, maximiser le profit de ceux qui le contrôlent. Il est donc au service de la cupidité. Mais c’est loin d’être le seul but à l’oeuvre.
Les routes de la soie construites vers l’Europe et vers l’Afrique par la Chine sont au service de la compétition contre l’Europe et contre les Etats-Unis.
Grâce à Daniel Ellsberg, nous savons que, pour les américains, le but de la guerre au Vietnam était de contenir la Chine. La cause racine de cette guerre était donc aussi la compétition.
L’orgueil ne fait pas des ravages qu’en Chine : Si la Russie a envahi la Crimée en 2014, n’est-ce-pas une question d’orgueil ? Et pourquoi la France rechigne-t-elle à accorder l’indépendance à la Nouvelle Calédonie si ce n’est par nostalgie coloniale donc par orgueil ? Et si l’Angleterre ne rend pas Gibraltar à l’Espagne et que l’Espagne ne rend pas Ceuta et Melilla au Maroc, n’est-ce-pas aussi une question d’orgueil, une cascade d’orgueil ?
La peur régit aussi certaines interventions. Ainsi, au Chiapas, des paramilitaires surarmés viennent de chasser 3000 personnes pour intimider toute la communauté zapatiste. Et la peur a d’autres conséquences :
L’inde a construit un mur de 3200 km pour empêcher les migrations depuis le Bangladesh menacé par la montée des eaux. Les Etats-Unis ont un mur contre le Mexique. Les polonais ont voté la construction d’un mur contre la Biélorussie, les grecs ont un mur à la frontière turc, etc. Ce sont les murs de la peur. Et c’est une obsession mondiale. 70 murs d’un total de 40 000 km de murs déchirent le monde.

Cupidité, orgueil, compétition, peur, les motivations des ingérences étrangères vont dans toutes les directions. Il n’y a aucune cohérence d’ensemble.
Le système capitaliste est il le plus fort dans ce chaos ? Pas sûr. La Chine, pèse presque un tiers des émissions mondiale de CO2 et est donc de loin la première force dans le monde sur le plan économique. Elle a dompté le capitalisme pour le mettre au service de son orgueil.
Le bien commun n’est le but d’aucun état, à part le Bouthan peut-être qui a remplacé le PIB par le BIB (Bonheur Intérieur Brut). Mais au niveau mondial, il n’y a pas de but commun, or comme l’a dit Dr. W. Edwards Deming :
« sans but, il n’y a pas de système »
L’ordre mondial n’est pas le système capitaliste, l’ordre mondial est le chaos. Et dans le chaos, comme a dit Dr. W. Edwards Deming :
« tout peut arriver, pour le meilleur ou pour le pire »
La catastrophe bioclimatique, l’islamisme radical, la montée du populisme, tout cela est une conséquence globale du chaos.
Le drame syrien est une conséquence locale du chaos. Comment est-ce possible que le dirigeant d’un régime qui agresse son peuple aussi sauvagement soit encore en place dix ans après le début de la révolution ? Le régime du bourreau de Damas est coupable d’avoir :
- tué des jeunes devant leur mère,
- bombardé des civils, parfois avec des bombes chimiques,
- torturé des milliers de personnes. 17 000 d’après Wikipedia,
- assassiné dans les prisons. Plus de 70 000 personnes d’après Wikipedia,
- Affamé des familles par dizaines de milliers,
- détruit des villes inscrites au patrimoine mondial de l’humanité.
Pourquoi la Russie, l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Iran le soutiennent ils ? Là encore, la cupidité, l’orgueil et la compétition sont à l’oeuvre.
Si le bien commun était la motivation principale des états de ce monde, les avions et les hélicoptères du boucher de Damas seraient cloués au sol car les raffineries seraient détruites et l’importation de carburant impossible. Et les mercenaires partiraient car les avoirs du régime seraient gelés et ils ne seraient pas payés. Le bourreau tomberait sans forcément verser plus de sang.
Voilà ce qui se passerait si nous étions dans un système ayant comme but le bien commun. La réalité syrienne illustre ce qui se passe dans le chaos.