Parlons des villes et tout d’abord de Paris, cette ville qui a la chance d’être dans la banlieue ouest de Bamako Sous Bois. Ce nom désigne avant tout une des activités humaines les plus viles. Les publicités qui tentent de nous y abaisser pullulent dans le métro parisien. Publicité et paris : deux vices affligeants qui se rejoignent et vont bien ensemble.
C’est donc un nom qui sied fort mal à la ville lumière, la ville (adoptive ou natale) de Edith Piaf, Marie Curie, Simone Veil, Voltaire, Coluche, Desproges, Doisneau, Gainsbourg, Picasso, Chopin et tant d’autres, la ville de la liberté, des sciences, de l’humour, de l’amour et des arts.
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » Voltaire
Ce n’est pas pour rien que c’est à Paris que la liberté d’expression, l’art, l’humour et la joie de vivre ont été frappéEs au coeur en 2015.
Être fier que Paris soit cette ville lumière est du chauvinisme irrationnel totalement déplacé. Tout le monde sur la planète peut se réjouir de la contribution de Paris à l’humanité comme les parisienNEs peuvent se réjouir de la contribution de Tombouctou, Istanbul ou Kyoto, par exemple.
La seule chose dont on puisse être fier (un peu et pas trop longtemps sinon c’est de l’orgueil), c’est de ce qu’on a fait soi-même. C’est le « pride of workmanship » de W. Edwards Deming.
Et ce qu’on peut faire aussi, c’est agir pour protéger Paris qui est en danger. Tout comme sa banlieue et toutes les villes de ce monde.
Les enfants sont en danger : à Paris, 26% des établissements scolaires dépassent les normes légales de dioxyde d’azote (NO2) d’après l’association respire.
Et ça n’empêche pas les dominants de prévoir un projet d’échangeur routier à 100 m de l’école Pleyel à Saint Denis pour les jeux olympiques de 2024 !
Va-t-on souffrir de la faim ? Seulement 2% d’autonomie alimentaire en Île-de-France et 3 jours de réserves alimentaires. Que se passera-t-il quand le gazole se fera rare et que Rungis ne sera plus livré ? Plutôt que de bétonner les dernières terres agricoles à Gonesse et à Saclay, on a besoin de ceintures vivrières pour faire de l’Île-de-France une biorégion autonome (ou déjà un peu moins dépendante des transports routiers). À Paris C’est le projet CARMA.
On veut des Lilas, pas des gravats !
On veut des forêts, pas des préfets !
On veut des oiseaux, pas des autos !
On veut des moutons, pas du béton !
On veut des légumes, pas du bitume !
On veut des jardins, pas des magasins !
On veut des pommes, pas des solarium !
Va-t-on souffrir de la chaleur ? 42°C en 2019 ! L’été pourri de 2021 est une bénédiction et les 50°C sont possibles peut-être dès l’année prochaine. Le Canada a connu ces températures donc c’est possible ici. En 2003 lors de la canicule qui a tué 15 000 françaisES, le mercure n’a pas atteint 40°C à Paris.

Les cyclistes sont en danger. 50% de l’espace public est dévolu à l’automobile qui ne représente pourtant que 13% des déplacements d’après Le Monde. Deux jeunes cyclistes sont mortes en juillet 2021, l’une renversée par un SUV porte de Montreuil et l’autre par un camion à Boulogne-Billancourt.
Et il y a des grands projets inutiles d’un autre temps comme ce mur de 37 m de haut et de 300 m projeté le long de la gare d’Austerlitz : 50 000 m2 de bureaux et 25 000 m2 de commerces dans un quartier déjà ultra dense. Et aussi 10 000 m2 de logements alors que plus de 100 000 logements sont vides à Paris à cause de la spéculation (8% des logements).
Pire, c’est en Île-de-France que se trouve le plus grand chantier d’Europe, le Grand Paris Express. Que faire des 45 millions de tonnes de terre liés à ce projet pharaonique ? Ça fait 36 millions de m3 soit 14 pyramides de Kheops. Il faudra des millions de camions-bennes et saccager des centaines d’hectares pour déplacer et stocker ces millions de tonnes de terre dévastée.

Il est temps de réagir ! Paris Zone À Défendre ! On veut entendre les oiseaux, pas les moteurs. On veut respirer ! Il est temps de … supprimer les pistes cyclables et de limiter la vitesse partout à 20 km/h. C’est quatre fois la vitesse de la marche à pied et près de deux fois la vitesse moyenne des automobiles. À Bruxelles, le passage de 50 à 30 km/h a permis de diminuer par deux le nombre de morts sans impact sur les temps de trajet. Limitons à 20 km/h et limitons électroniquement les voitures pour les empêcher de dépasser cette vitesse en ville. Un retrofit bien plus utile que la conduite autonome.

Il est temps de … transporter les enfants en vélo-cargo ou en triporteur. Déjà beaucoup d’artisans en utilisent pour transporter leurs outils.
Trente minutes de vélo par jour réduit les risques de maladie de 50%. À Copenhague, une famille sur 4 a un vélo-cargo d’après Wikipedia.
Enfin il est temps de … planter des arbres partout pour lutter contre les vagues de chaleur. Une rue arborée et c’est 10°C à 20°C de température ambiante en moins d’après Greenpeace. J’ai vraiment vu la différence à 西安 Xi’An en Chine entre le quartier musulman très arboré et la ville chinoise bétonnée.

L’étape suivante est de … débitumer ! Voici la voie de l’avenir !

On y circule très bien à vélo mais on pourra quand même aménager des pistes cyclables séparées qui seront juste assez large pour un quadricycle comme bio-hybrid.
Un avenir résilient et heureux pour Paris et toutes les villes du monde, c’est :
Pour l’éternité ! Et alors pourquoi pas donner un joli nom à la ville lumière en ajoutant juste 2 lettres, Paradis, la ville des paradisienNEs ? Un modèle pour les villes du monde. Une autre option est d’interdire tous les jeux d’argent pour que le nom commun disparaisse à jamais. Et pourquoi pas faire les deux ?